lundi 30 janvier 2012

Babyloan à l'EM LYON

Résumé de la conférence "Babyloan tour" à l'EM LYON.


« Nous sommes un jour comme tant d’autres aux Philippines. Ce jour là pourtant sortira un peu de l’ordinaire pour une femme du bidon ville de Manille. Sa mère vient de décéder lui léguant toute sa « fortune ». Se pose alors  pour elle un problème majeur : que faire de cette somme d’argent qu’elle ne souhaite pas garder chez elle pour des raisons de sécurité ? Lui vient a lors à l’esprit d’aller voir l’IMF locale pour se renseigner sur une démarche à suivre. Ate Zeny responsable du centre lui conseille de se rendre à la banque la plus proche et d’y déposer son héritage. Cette femme décide de suivre cette recommandation et se rend donc à la banque la plus proche. Cette histoire, banale de premier abord, aurait pu en rester là, si la responsable du centre de micro finance locale en rentrant chez elle n’avait pas trouvé cette femme, toujours assise devant la banque en possession de sa petite sacoche contenant tout son héritage. Ate Zeni lui demande donc quel est le problème. La femme lui explique le plus simplement du monde qu’elle attend que la banque vienne lui chercher son bien ». Ce comportement peut nous paraître à notre époque complètement incongrue. Cependant Arnaud poissonnier, co-fondateur de la plateforme de microcrédit Babyloan  conclura cette anecdote en nous rappelant que 80% de la population mondiale actuelle n’est pas bancarisée, et donc par voie de conséquence dans la plus grande ignorance du fonctionnement du système bancaire traditionnel. De ces situations est née la micro finance, en répondant  a une problématique très simple : comment permettre à cette population pauvre mais possédant une volonté entrepreneuriale d’accéder au crédit ?

Microcrédit : Origine

Aujourd’hui en France seulement 13% de la population en âge de travailler, se tourne vers la création d’entreprise, alors que la fibre entrepreneuriale représente 60% de la population des pays en voie de développement. Lors de la conférence le CEO de Babyloan  énumère ces quelques chiffres clefs, permettant d’illustrer la situation actuelle de l’entreprenariat dans le monde .Cela permet aussi de mettre en évidence le fait que se retrouver en situation  d’extrême pauvreté développe l’instinct de survie et l’envie de s’en sortir par soi même. Seul obstacle majeur pour cette majorité de la population, avoir un accès à des fonds.
Le microcrédit s’impose donc comme une solution alternative lorsque l’aide familiale est inexistence, que le système bancaire ferme ses portes à cette partie de la population et que les taux des prêts consentis par les usuriers frôlent l’inacceptable.

Concept et fonctionnement

La micro finance désigne l'ensemble des services financiers para bancaires de faible montant destinés à financer les exclus du système bancaire traditionnel (chômeurs, inactif, travailleurs pauvres...). La micro finance vise l'accès au financement de petits projets, portés par des personnes marginalisées qui aspirent à créer leur propre projet, souvent par défaut d'autres prospectives professionnelles et parce que l'accès aux sources traditionnelles s'avère impossible. Le prêt vise à financer la création et le développement d'entreprise. En général les opérateurs de microcrédit, plus communément appelés Instituts de micro finance (IMF) assurent souvent, mais pas toujours, un accompagnement et un suivi des projets de micro-entreprises financées. La solution du microcrédit consiste à prêter à ces pauvres mais collectivement d'une façon solidaire. Le prêt est octroyé à un individu qui appartient à un groupe de 4 ou 5 personnes. Le rôle du groupe consiste à assister l'emprunteur dans sa gestion de prêt, et de rembourser le prêt si l'emprunteur n'est en mesure de le faire lui-même.
Le microcrédit concerne aujourd'hui plus de 60 millions de personnes réparties sur les cinq continents, même si la plus grande part des souscripteurs se trouve en Asie
Mais au-delà du simple aspect financier, les programmes de microcrédit ont aussi un impact sur le développement local. En effet, ils touchent des secteurs aussi divers que l’agriculture, l'artisanat, le financement de l'économie sociale, …Ainsi, ils contribuent à l'amélioration de l'accès aux services sociaux de base et créer un cercle vertueux pour lequel toute une communauté peut bénéficier.

Enjeux

Souvent se pose une question : quel intérêt de mettre en place un tel système pour de si petites sommes, alors qu’un simple don provenant d’une ONG pourrait régler le problème ?
Le président de babyloan répondra à cette question de façon très simple : la dignité humaine.
L’action humanitaire est pour lui un système indispensable à mettre en place lors de cas d’urgence (tsunami, crise alimentaire,…) Seulement on reste  dans  ce cas là dans un modèle d’assistanat, où l’estime de soi est souvent mise à mal. De plus nous vivons à une époque où, le travail est considéré comme une valeur majeure. D’où l’importance et la pertinence du microcrédit dans le sens où il encourage les personnes à travailler au service de cette valeur. L’incitation au travail est à l’opposé des propositions alternatives de lutte contre la pauvreté telle l’allocation universelle, le RMI, le don,…
Ainsi en permettant aux personnes en situation de précarité  de s’en sortir en devenant leur propre employeur, le microcrédit permet de gagner en estime de soi. La micro finance serait donc au service de la dignité humaine.
Ce nouveau système financier est souvent présenter comme une alternative «  magique » au problème de la pauvreté dans le monde. Cependant comme tout système il présente des limites. Les deux principales affaires qui ébranlent le monde de la micro finance aujourd’hui sont : Le niveau des taux d’interets pratiqué sur les microcrédits et  l’affaire des « suicidés » en Inde.

Débats et limites

Les taux d’intérêts

Le taux d’intérêt du microcrédit à l’heure actuelle se situe aux alentours de 26%. Ce taux peut nous sembler extrêmement élevé et complètement incompatible avec la mission sociale de la micro finance. Seulement plusieurs éléments sont  à prendre en  compte car ils justifient ce taux.
Premièrement les IMF doivent récolter de l’argent auprès de banques, institutions, … pour un taux proche du 12-13%, puisque les garanties sont quasiment inexistantes en ce qui concerne le remboursement.
Ensuite il ne faut pas oublier que le taux d’inflation dans les pays du tiers monde s’élève en général aux alentours de 10%.
De plus, même si de façon général les IMF sont réputées pour être financièrement stables ,leurs taux de remboursement se trouvant entre 95 et 97%, elle  sont donc obligées de provisionner leur perte, ce qui augmente le coût de l’emprunt.
Enfin le coût de gestion d’une IMF est assez élevé dans le sens où celle-ci propose des services d’accompagnement, de formation,…que ne proposent pas les banques traditionnelles.
Pour être efficace les IMF doivent être pérennes, c’est à dire qu’elles doivent rentrer dans leur frais pour pouvoir continuer à exercer leurs activités. A l’heure actuelle 90% des IMF mondiales ne gagnent pas d’argent, leurs motivations sont extrêmement sociables.
Enfin dernier point à prendre en compte concernant  les taux d’intérêt, c’est le fait que les micro-entrepreneurs empruntent généralement des sommes sur un cycle très court d’exploitation (environs 7- 8 mois) ce qui fait tomber le taux d’intérêt annuel à 15-16%.
Et il ne faut pas oublier que dans la majorité des cas contrairement à nos systèmes économiques, ces pays  ne possèdent pas d’accumulation de charges telles que les salaires, impôts, charges sociales,…

Affaires de suicidés en Inde.
L’année 2010 a été difficile  pour la micro finance indienne, mais aussi pour le monde de la micro finance en général. En effet suite à une vague de suicides d'emprunteuses dans la région d'Andhra Pradesh qui a le plus fort taux d'institutions de micro finance, le gouvernement local a promulgué une loi visant à condamner  lourdement le "harcèlement" des agents de crédit envers les emprunteurs.
Depuis des années dans cette région du monde, le microcrédit est présenté comme un élément destiné à financer  la création de micro-entreprises par des familles pauvres. Des recherches approfondies sur l'utilisation du crédit et le mode de gestion de ces crédits, ont mis en évidence que près de huit prêts sur dix sont utilisés comme crédits à la consommation, pour des dépenses de santé, pour l'habitat ou pour des dépenses d'éducation. Il est indéniable que ces affectations sont utiles voire cruciales pour ces familles. Mais elles ne génèrent pas les ressources qui permettraient de rembourser les prêts. Cette facilité de crédit offerte et officieusement tolérée par les agents de crédit payés en fonction du nombre de crédits placés pousse les familles  à s’endetter. Arrive un moment où le surendettement n’est plus supportable  et pousse certaine personnes à se suicider afin de fuir des responsabilités qu’elles ne pourront assumer.


Et Babyloan dans tout ça ?

Théorie de l’Océan Bleu

Né en 2008, en pleine crise économique Babyloan se définit comme une entreprise sociale innovante. Arnaud Poissonnier utilisera la métaphore  de « l’océan bleu », pour nous expliquer le positionnement de Babyloan dans le monde économique. Cette théorie consiste à encourager les entreprises à créer leur propre marché (l'Océan bleu) plutôt que de se battre pour des micro-parts de marché dans des marchés matures et hyperconcurrentiels (l'Océan rouge du sang de la bagarre). Dans ce cas, Babyloan  se trouve dans un univers absolument pas concurrentiel, puisque qu’ils sont les précurseurs du Peer to Peer dans l’univers de l’humanitaire en Europe.


Missions

-Le rôle du grand public pour une micro finance solidaire
La principale mission de Babyloan est d’aider le micro entrepreneur en situation de grande précarité à bénéficier des meilleures conditions d’emprunt et de réalisation de leurs projets.
Cela est permis grâce à l’émergence d’un nouvel acteur dans le paysage de la micro finance : le grand public. Le profil philanthropique des babyloniens permet de refinancer des petites et moyennes IMF à l’impact social fort auprès de leurs bénéficiaires.

-Accompagnement et impact social auprès des partenaires de terrain
Babyloan a mis au point un outil d’évaluation d’impact social sur les bénéficiaires. Cette évaluation est basée sur 4 axes : situation économique, conditions sanitaires, niveau d’éducation et condition d’habitation. L’objectif de cette évaluation est double : apporter des informations aux internautes quant à l’impact de leur prêts et sensibiliser les IMF à l’utilisation d’outils d’impact social afin d’améliorer leur performance sociale.

-la sensibilisation du grand public aux nouvelles solidarités
Babyloan attache beaucoup d’importance à la sensibilisation du grand public, puisque ce sont eux les acteurs de demain, aux enjeux des nouvelles formes de solidarités. Cette sensibilisation se fait via internet, forums, conférences et groupes de travail.

Chiffre clefs :

Babyloan c’est 8072 membres, qui ont financé 4388 projets autour du monde, dont les femmes sont les premières bénéficiaires à 83%. En 4 ans d’existence Babyloan a prêté 1.300.000 Euros et tous les prêts ont été remboursés à 100%

Manon Boillot
manon-boillot@edu.em-lyon.com

lundi 23 janvier 2012

Babyloan, de l’assistanat au développement

 Autre article, autre enjeu. Découvrez la première plateforme de micro-crédit en peer to peer en Europe.


 
Le microcrédit en peer to peer dans le monde de la philanthropie

Vulgarisé et mondialisé par Mohammad Yunus dans les années 70, le microcrédit se pose comme une nouvelle manière de concevoir la solidarité. Il ne s’agit plus de faire don d’une somme d’argent à une action humanitaire, mais de prêter à des populations exclues du système bancaire. Avec ce prêt elles créent une activité génératrice de revenus, puis remboursent. Aujourd’hui l’en-cours mondial de microcrédit s’élève à 65 milliards de dollars, générés par environ 10 000 IMF*. Dans cet océan, la plateforme de microcrédit Babyloan a fait exploser en Europe le principe du financement en peer to peer.

Inspiré de la plateforme américaine KIVA, Babyloan lance en 2008 en France le microcrédit en peer to peer. L’objectif est de permettre aux particuliers de participer à cette aventure « de développement et de promotion de la dignité humaine ». La plateforme joue le rôle d’intermédiaire entre particuliers et micro entrepreneurs en sélectionnant des IMF implantées auprès des populations pauvres partout dans le monde. L’IMF fait ensuite remonter les projets entrepreneuriaux sur le site internet. Les internautes intéressés placent alors une somme de 20€ minimum qui leur sera rendue sous quelques mois. Babyloan est ainsi devenu en 3 ans la première plateforme de microcrédit en Europe avec 1 300 000€ prêtés en 2010. Les clés du succès ?  Du côté des IMF le peer to peer est une source de financement à bas coût : les prêts sont solidaires donc les IMF ne reversent pas d’intérêts. Du côté des prêteurs, le site assure transparence et proximité. L’internaute choisit directement sur le site le projet dans lequel il veut investir et en suit l’évolution.

Avec 80% de la population mondiale n’ayant toujours pas accès à la banque et donc au crédit, le système du microcrédit en peer to peer n’a pas fini de faire parler de lui.
*Institution de Micro Finance

Manon Reynaud
Article publié dans le Journal des Grandes Ecoles

dimanche 22 janvier 2012

Une nouvelle loi pour financer les micro-entrepreneurs de vos quartiers!

Contrairement aux idées reçues, la micro finance n'est pas seulement une problématique Nord-Sud.  Le microcrédit, ça arrive aussi près de chez vous! 

Depuis déjà 10 ans, il est possible pour des particuliers d’« épargner solidaire ». Des associations proposent d’investir cette épargne dans le secteur de la micro-finance : principe qui encourage l’initiative économique en prêtant de petites sommes à des créateurs d’entreprises exclus du système bancaire classique.

Le microcrédit se distingue de l’assistanat puisqu’il donne des outils aux nécessiteux pour se sortir euxmêmes de la pauvreté. Ces investissements sont relayés par des banques chargées de prospecter les projets nécessitant des micro-prêts.

Par exemple, l’organisation internationale Planète Finance lève des fonds privés, qui sont ensuite prêtés à des institutions de micro-finance locales, jouant le rôle de « banque des pauvres ». Aujourd’hui ce sont près de 150 millions de personnes qui sont bénéficiaires de microcrédits dans le monde.

Toutefois, la demande de micro-prêts ne se voit jamais satisfaite par une offre suffisante de liquidités. Or on sait que le manque de visibilité est souvent un frein au développement du prêt. C’est pourquoi l’organisation française Babyloan a récemment cherché à rendre ce processus moins opaque. Elle a donc créé une plateforme permettant aux particuliers de choisir directement le projet et la personne demandeuse de capitaux. Ils peuvent donc suivre l’évolution du projet et la manière dont l’argent prêté est utilisé. Plus transparent, ce système constitue une innovation en liant directement prêteur et emprunteur. On parle alors d’une relation « Peer to Peer », de particulier à particulier. Lancée par l’ancien banquier d’affaire Arnaud Poissonnier, Babyloan a connu un franc succès dès les premiers mois suivant sa création : il compte aujourd’hui environ 6 000 membres actifs et cumule 660 000 euros de prêts. Malheureusement cet échange solidaire n’est possible que dans une relation Nord / Sud. En effet un particulier français ne peut prêter à un compatriote micro-entrepreneur.

Or développer en France le microcrédit de particulier à particulier, c’est encourager la création d’entreprises et donc la création d’emplois. Dans le contexte actuel de crise, mettre en place un tel dispositif en France apparaît comme une nécessité et permettrait également de renforcer la cohésion sociale en suscitant l’entraide. Pour ce faire, Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des finances, a rédigé un projet de loi appelant à modifier l’article qui régit le crédit en France. Celui-ci vise à faciliter le financement des associations de microcrédit en permettant aux particuliers de réaliser des prêts directement pour des projets français. En effet la législation est trop restrictive : seule une institution bancaire est officiellement autorisée à accorder un microcrédit. Deuxièmement ce projet a pour but de faciliter le recours au microcrédit en simplifiant tous les impératifs administratifs qui y sont associés.

Troisièmement l’Etat souhaite informer d’avantage le public sur les initiatives prises par les banques dans le domaine du microcrédit afin d’en promouvoir les principes. Ceci est nécessaire dans la mesure où ce dernier est trop souvent ignoré par ceux qui en ont le plus besoin. Enfin il y aura des règles statistiques normalisées pour quantifier tout type d’activité de microcrédit en France. Les enjeux économiques sont énormes. Grâce au microcrédit, la France pourrait économiser près de 25 millions d’euros par an, selon l’Inspection Générale des Finances (IGF). En effet « le coût du microcrédit qui finance les entreprises en devenir est nettement inférieur au coût de l’inactivité qu’il permet d’éviter ». D’autre part développer le microcrédit et le promouvoir c’est encourager l’aide de proximité, l’initiative économique des plus démunis et leur visibilité. Leur présence sur internet leur permet d’obtenir des prêts autant que d’attirer de nouveaux clients.

Le microcrédit en Peer to Peer apparaît alors comme une nouvelle solution active contre la pauvreté et redonne à notre conception de la solidarité  en France un nouvel élan.

Charles De la Boulaye
Romain Balmary
Article publié en mai 2010

La montée des risques dans le secteur de la micro finance

Première partie d'une série d'articles rédigés par des membres de l'association et publiés dans le Journal des Grandes Ecoles. Chaque publication offre un éclairage intéressant sur un enjeu de la micro finance.


Le début des années 2000 a vu se développer un intérêt quasi général pour la micro-finance et une intégration de cette technique financière dans de nombreux programmes de développement économique. Cet effet de mode a eu pour conséquence une multiplication des fonds alloués à la micro-finance. Parallèlement, on a pu assister à une diversification des services liés à la micro-finance : microcrédit collectif ou individuel, micro-assurance, aide aux transferts de fonds d’un pays à l’autre, épargne, etc.

Ce bouleversement a fait naître ou s’accroître divers risques liés à l’activité de micro-finance.

Tout d’abord, certaines institutions de micro-finance (IMF) sont poussées par leurs bailleurs de fonds (soutiens publics ou investisseurs privés) à devenir rentables rapidement. Elles sont alors tentées de délaisser leur cible initiale : les populations les plus pauvres, afin de se concentrer sur une population plus « rentable ». Ainsi, des paysans vivant dans des zones reculées se voient abandonnés au profit de personnes vivant en milieu urbain, car les coûts de prospection occasionnés sont bien moindres. Les IMF poussées à devenir rentables ont également tendance à multiplier les clients au risque de voir se multiplier les impayés et de s’écrouler. En résumé, il semble impossible pour les IMF de répondre au double objectif qui leur est assigné : objectif social de développement, et objectif commercial de rentabilité.

Micro entrepreneuse indienne
Par ailleurs, la surmédiatisation de certains modèles de micro-finance comme la Grameen Bank de Muhammad Yunus a fait naître des espoirs démesurés en matière de développement. On risque alors de voir les sources de financements se tarir quand l’opinion se rendra compte que le microcrédit n’est pas la solution miracle annoncée. Une enquête du CSFI, un thinktank basé à Londres, a par ailleurs mis en lumière d’autres risques affectant les IMF. Ainsi, la mauvaise qualité du management des IMF est considérée comme le risque le plus important : les IMF manquent de personnel formé aux techniques de la micro-finance, ou ayant même simplement des connaissances en gestion. Les IMF ont également tendance à être dirigées par des personnalités à fort charisme, mais à faibles connaissances en management. L’existence de réglementations contraires au développement de la micro-finance et l’ingérence politique sont également perçues comme des risques importants. Enfin, la concurrence croissante fait tendre le secteur vers une « érosion des normes », et donc une augmentation des risques liés au crédit.


Dans l’ensemble, manque de ressources humaines qualifiées, concurrence accrue et érosion des normes devraient mener à un renforcement de l’écart entre les IMF de grande taille et les petites IMF qui ne sont pas préparées à ces évolutions.


Quelles seraient alors les solutions à apporter contre ces nouveaux risques ? Plusieurs pistes se dégagent

Tout d’abord, les médias devraient arrêter de relayer l’idée selon laquelle la micro-finance est une solution miracle, et qu’elle est adaptée à tous les types de pauvreté. Les gouvernements doivent également arrêter de penser qu’en favorisant le développement de la micro-finance, ils peuvent s’exempter de dépenses importantes pour favoriser le développement. Une IMF ne pourra jamais pallier le manque d’infrastructures dans un village ! Des efforts doivent également être consentis par les bailleurs de fonds afin de favoriser une meilleure formation du personnel.

Enfin, il conviendrait de ne pas assigner un objectif de rentabilité à court terme aux IMF, et de changer leurs mécanismes d’évaluation. Ainsi, les IMF ne devraient pas être uniquement notées sur leurs performances économiques, mais également sur la sélection de leur clientèle et sur l’impact de leur activité sur la pauvreté.


Lénaic Guiader
Article publié en novembre 2010 dans le Journal des Grandes Ecoles

jeudi 24 novembre 2011

Bienvenue!



Bienvenue sur le blog d’eMicrOcredit, l’association de Microfinance et d’Entrepreneuriat Social de EMLYON Business School !


Passionnés par les enjeux de la microfinance, nous lançons notre blog pour mieux vous faire connaître les problématiques de ce secteur de l'économie solidaire.


Les activités de notre association se divisent en 3 pôles :
1- Sensibiliser
eMicrOcredit organise des conférences sur les enjeux de la microfinance et l’entrepreneuriat social au sein de l'école et des universités lyonnaises.
2- Conseiller

Nous travaillons en partenariat avec l’ADIE de Vaulx-en-Velin pour accompagner des créateurs d’entreprise. Nous animons notamment un module de cours pour les micro entrepreneurs sur la réalisation d'études de marché.
3- Financer
 Nous organisons des levées de fonds afin de financer des entrepreneurs du monde entier en partenariat avec Babyloan.org, la première plateforme de microfinance en peer to peer d'Europe. Les étudiants prêtent leur argent sans taux d’intérêt pour financer des projets de micro entrepreneurs du monde entier. Au bout de 6 à 12 mois le prêt est intégralement remboursé.
L’association a aussi pour axe de développement le conseil aux IMF dans les pays en voie de développement et la réalisation d’un partenariat complet avec une IMF étrangère.


eMicrOcredit est membre de la Fédération Etudiante pour l’Entrepreneuriat Social. Cette organisation vise à devenir un acteur majeur de l’Economie Sociale et Solidaire en France en mutualisant les ressources et compétences de  grandes écoles d’ingénieurs et de commerce.